Insectes et pollinisateurs
Un rare papillon des prairies gagne du terrain
Jadis répandue dans le Midwest, l'hespérie du Poweshiek est en voie de disparition. Un vaste projet lui offre un nouvel espoir de survie.
Rapporté par U.S. Fish and Wildlife Service · · 3 min de lecture

L'hespérie du Poweshiek est un petit papillon aux grands yeux que la plupart des gens remarquent à peine. Autrefois commune dans tout le Midwest, cette espèce menacée des prairies a presque disparu de son aire de répartition d'origine et ne subsiste désormais que dans un comté du Michigan et dans une prairie du Manitoba, au Canada. L'U.S. Fish and Wildlife Service et nos partenaires franchissent une étape déterminante pour offrir à l'hespérie du Poweshiek une nouvelle chance de survie.
Cet été, nos partenaires relâcheront environ 1 500 hespéries du Poweshiek élevées en zoo dans des tourbières basses de prairie restaurées au Michigan et au Manitoba. Sur un site, nous franchirons une nouvelle étape dans le rétablissement de l'espèce : une réintroduction dans un lieu autrefois occupé. Il s'agira de la toute première réintroduction de cette espèce aux États-Unis !
De commune à rare
Historiquement présente dans les habitats de prairies non labourées qui s'étendaient des Dakotas jusqu'à l'Indiana, l'hespérie du Poweshiek a subi un déclin spectaculaire au cours des dernières décennies. Dans les zones où ce papillon prospérait jadis, les inventaires ne dénombrent plus que quelques rares individus, voire aucun. L'espèce a été inscrite sur la liste fédérale des espèces en voie de disparition en 2014, déclenchant une réponse intensive et coordonnée d'agences gouvernementales, de zoos, d'universités, d'organismes de conservation et de partenaires internationaux.
Détails de l'image Innover L'un des volets les plus importants de l'effort de rétablissement de ce papillon réside dans l'élevage en captivité. À partir de 2015, le zoo du Minnesota, rejoint plus tard par le zoo du parc Assiniboine et le zoo John Ball, a collaboré avec des biologistes fédéraux et d'État pour apprendre à élever l'espèce sous soins humains. L'élevage de ce rare papillon dans des conditions contrôlées a depuis permis aux partenaires de renforcer les populations restantes et de faire progresser l'espèce vers ses objectifs de rétablissement.
Afin de suivre les progrès réalisés, les papillons relâchés sont marqués de minuscules codes de couleur qui aident les chercheurs à surveiller leurs déplacements, leur survie et leur reproduction. Grâce au travail de notre équipe pour restaurer l'habitat dans des endroits prometteurs, ce petit papillon pourrait faire son retour. Les lâchers se poursuivront à la fois sur des sites nouveaux et existants, tandis que les scientifiques évalueront la croissance démographique à long terme et la stabilité de l'habitat.
Ce travail est soutenu en grande partie par le volet consacré aux espèces menacées et en voie de disparition de la Great Lakes Restoration Initiative, avec un appui supplémentaire de l'Association des zoos et aquariums et d'autres partenaires de la conservation. Les enseignements tirés de ce projet renforcent des programmes similaires de rétablissement des pollinisateurs, comme ceux destinés à l'hespérie du Dakota et au satyre de Mitchell, et prouvent qu'une collaboration ciblée peut donner une chance de rebondir même aux plus petites espèces.
Chaque battement d'ailes au-dessus de la prairie marque une étape porteuse d'espoir et signale un nouveau potentiel pour un papillon qui était autrefois au bord de l'extinction. Mais dans les tourbières basses restaurées, chaque lâcher apporte la possibilité d'un retour : un bref éclat d'ailes au-dessus des herbes, et une espèce autrefois presque perdue qui reprend son envol.


